1999 - 2007

Une vision globale pour le droit

Les années 1999 à 2007 ont été une période féconde à la Faculté de droit de l’Université McGill. Pensons notamment au lancement du programme transsystémique, venu remplacer le Programme national. Désormais, les étudiant.e.s de la Faculté de droit de l’Université McGill sont diplômé.e.s à la fois en droit civil et en common law, après avoir été admis à la Faculté à partir d’une même cohorte. Le nouveau programme transsystémique était unique puisqu’il intégrait l’étude de différentes traditions juridiques différentes dans un cursus mixte – à la différence du Programme national, qui n’offrait que la possibilité d’étudier une tradition à la suite de l’autre. Il s’agissait d’une révolution dans la manière d’enseigner et de penser le droit.

Durant cette période, de nombreux diplômés de la Faculté de droit ont contribué à l’histoire du droit canadien : l’honorable Marie Deschamps et l’hon. Morris Fish ont été nommés à la Cour suprême du Canada et Irwin Cotler devient ministre de la Justice et procureur général du Canada. À la même époque, la Faculté s’est inscrite dans un courant d’innovation foisonnante par la création de deux centres juridiques : le Centre pour les droits de la personne et le pluralisme juridique et le Centre des politiques en propriété intellectuelle. Enfin, Adelle Blackett est devenue la première professeure noire à la Faculté de droit, où elle contribue depuis à la diversité des points de vue.

Dans cette période:

L’arrivée du programme transsystémique

 

Trente ans après l’inauguration du Programme national, l’Université McGill s’est lancée dans une nouvelle réforme pédagogique mettant de l’avant un régime d’études transsystémique. Les étudiant.e.s obtiendraient toujours deux baccalauréats, l’un en droit civil (B.C.L.) et l’autre en common law (LL.B.), mais les deux traditions juridiques seraient désormais enseignées de manière intégrée. L’enseignement des deux traditions simultanément permettait d’éviter que les étudiant.e.s développent un biais en faveur de la première tradition à laquelle ils étaient exposé.e.s. La Faculté de droit était l’endroit idéal pour tenter cette expérience, puisqu’elle se trouve à Montréal, ville en grande partie bilingue dans une province caractérisée par un métissage de deux traditions juridiques en raison de son passé colonial. Dans le cadre de son nouveau programme transsystémique, la Faculté a véritablement commencé à offrir un enseignement bilingue et bijuridique à tous ses étudiant.e.s.

En 2005, la Revue de droit de McGill a consacré, à l’occasion de son 50e numéro, une édition spéciale dédiée au programme transsystémique afin de « faire écho aux aspirations » de la Faculté de droit et d’inviter « les lecteurs à réfléchir et à jeter un regard critique sur ces aspirations ». De nombreux professeurs de droit de McGill y ont contribué, notamment les professeurs Shauna Van Praagh, Rosalie Jukier, Richard Janda et H. Patrick Glenn.

Femmes pionnières : des diplômées mcgillois à la tête de facultés de droit

Les doyennes Mayo Moran et Alison Harvison Young

 

Mayo Moran (LL.B. 1990) (à gauche), est la première femme à la tête du décanat de la Faculté de droit de l’Université de Toronto, poste qu’elle a occupé de 2006 à 2014. Elle a ensuite été nommée vice-rectrice à l’enseignement et à la recherche du Collège Trinity (Université de Toronto). Elle a publié et enseigné dans différents sujets, dont la théorie du droit féministe, le droit international, l’histoire du droit, le droit privé et l’éthique. Décrite comme « le genre de personne qui fait l’honneur et la noblesse de la profession », Mayo Moran inspire incontestablement la fierté à son alma mater pour sa contribution à l’avancement des femmes dans la profession juridique.

La juge Alison Harvison Young (B.C.L. et LL.B. 1983) est une autre diplômée de la Faculté de droit de l’Université McGill qui a brisé le plafond de verre de la profession. La juge Young a enseigné le droit de la famille et le droit de l’administration à McGill de 1988 à 1998. Adulée par ses étudiant.e.s, elle a reçu le prix John W. Durnford d’excellence en enseignement. Elle a quitté McGill en 1998 pour endosser le rôle de doyenne de la Faculté de droit de l’Université Queen’s, où elle a exercé jusqu’en 2004; elle a été la première personne nommée à ce poste sans être diplômée de cette faculté. Sous sa direction, la Faculté de droit de l’Université Queen’s a apporté des améliorations majeures à son infrastructure et a recruté des professeurs qui ont entamé une période de renouveau. Par la suite, elle a été nommée juge à la Cour supérieure de justice de l’Ontario en 2004, puis juge à la Cour d’appel de l’Ontario en 2018.

La Faculté de droit de McGill à la Cour suprême : Daniel Jutras, adjoint exécutif juridique

Chercheur, ancien professeur et ancien doyen de la Faculté de droit de McGill, Daniel Jutras a contribué à l’enrichissement de la recherche juridique, à l’avancement du programme transsystémique de la Faculté et à la réforme du programme d’études. Il a également été une figure influente sur la scène nationale par son travail à la Cour suprême du Canada. Il y a secondé Antonio Lamer et a été chef de cabinet de la juge en chef Beverley McLachlin, sans oublier sa contribution comme amicus curiae (« ami de la cour » en latin; personne qui agit comme conseiller et expert dans certaines affaires).

Me Jutras est spécialiste du droit privé et du droit comparé. Il est devenu titulaire de la Chaire en droit civil Wainwright de McGill en 2011. Ses contributions ont été saluées par des distinctions comme le prix Mérite en 2006, la distinction d’Avocat émérite (Ad. E.) du Barreau du Québec et la Médaille du jubilé de la reine Elizabeth II en 2013. Il a aussi été doyen de la Faculté de droit de McGill de 2010 à 2016. À ce titre, il a dirigé une grande réforme du programme d’études, notamment par la mise sur pied d’ateliers d’intégration, de cours de justice pénale en première année et d’un programme d’enseignement transsystémique du droit des biens et de la propriété. En 2020, il a été nommé Officier de l’Ordre du Canada et est devenu recteur de l’Université de Montréal.

Création de centres juridiques d’avant-garde

Le Centre pour les droits de la personne et le pluralisme juridique et le Centre des politiques en propriété intellectuelle

 

Le 15 septembre 2005, le sénat de McGill a approuvé la création du Centre sur les droits de la personne et le pluralisme juridique (CDPPJ). Ce centre, fondé pour conforter l’intérêt et la passion pour la justice sociale déjà établis à la Faculté, a consolidé la place de la Faculté en tant que leader dans le domaine des droits de la personne. Le CDPPJ tient des colloques et des conférences, offre un programme de stages aux étudiant.e.s et accueille divers spécialistes des droits de la personne grâce à son programme de bourses. En réaction au rapport de la Commission de vérité et réconciliation, le Centre a lancé en 2010 l’initiative Responsibility to Connect, qui traite des conséquences des atteintes aux droits de la personne dans les pensionnats autochtones au Canada, afin d’encourager la recherche et les activités axées sur les droits des personnes autochtones.

Fondé en avril 2003, le Centre des politiques en propriété intellectuelle (CPPI) de la Faculté de droit assure l’encadrement et la promotion de la recherche sur la propriété intellectuelle. Il organise régulièrement des activités et publie du contenu pertinent, notamment un bulletin d’information qui compte plus de 2 000 abonnés aux quatre coins du monde. Alors que Montréal devient une plaque tournante de l’industrie technologique, ses fondateurs, les professeurs Richard Gold et David Lametti, voient une occasion pour l’Université McGill d’être l’une des plus grandes autorités mondiales en matière de propriété intellectuelle. Le CPPI regroupe des chercheur.e.s de différentes disciplines (philosophie, gestion, économie, science, etc.) du monde entier. Les étudiant.e.s ont la possibilité de produire des articles sous la supervision des professeurs du Centre et de contribuer aux travaux de recherche et aux colloques. Enfin, avant la création du CDPPJ et du CPPI, il existait déjà le Centre Paul-André Crépeau de droit privé et comparé.

Marie Deschamps, une diplômée de McGill à la Cour suprême

 

L’honorable Marie Deschamps (LL.M. 1983) est devenue juge à la Cour suprême du Canada en 2002. Avant cette nomination, elle a été juge à la Cour d’appel du Québec pendant 10 ans, période durant laquelle elle s’est forgé une réputation pour l’excellence de ses décisions écrites et la fréquence de ses dissidences. Elle a jugé plusieurs dossiers importants de droit constitutionnel, notamment Canadian Foundation for Children, Youth and the Law c. Canada (Procureur général) et Canada (Premier ministre) c. Khadr.

La juge Deschamps a pris une retraite anticipée à 59 ans, bien avant l’âge de retraite obligatoire de 75 ans. Elle a déclaré qu’après « dix années intenses » à la Cour suprême et 22 ans en tout comme juge, elle était prête pour autre chose. Elle s’est alors impliquée dans monde universitaire et est devenue professeure auxiliaire à l’Université McGill et à l’Université de Sherbrooke. Elle est aussi la présidente et administratrice de Pro Bono Canada. Durant les dernières années, elle s’est attaquée aux affaires d’agression sexuelle au Canada et ailleurs dans le monde. En 2015, elle a accepté de mener une enquête externe sur les Forces armées canadiennes, qui s’est conclue par un rapport où elle a fait état d’un problème d’agressions et de harcèlement sexuels dans l’ensemble des Forces, et à l’égard desquels elle a formulé plusieurs recommandations. Enfin, elle a été désignée comme directrice d’une enquête sur l’échec de l’Organisation des Nations Unies (ONU) dans son rôle de protection des victimes d’actes allégués d’exploitation et abus sexuels par les Casques bleus.

Fondation de nouvelles revues

La Revue de droit de McGill, la Revue de droit et santé de McGill et la Revue de droit du développement durable de McGill

 

Le début du nouveau millénaire a coïncidé avec la fondation de deux revues de droit, évaluées par comités de lecture et auxquelles les étudiant.e.s de la Faculté de droit de l’Université McGill peuvent participer tout en obtenant des crédits hors cours. La Revue de droit et santé de McGill paraît pour la première fois en 2007. Malgré son statut relativement nouveau, elle a déjà été citée plusieurs fois par la Cour suprême du Canada. Cette revue s’intéresse aux questions liées à la santé et au droit et aux politiques sanitaires. À l’instar de la Faculté où elle est née, la Revue est bilingue.

Ensuite, en 2004, des étudiant.e.s de la Faculté de droit de l’Université McGill fondent la Revue de droit du développement durable de McGill en réponse à un besoin pressant de la communauté juridique de diffuser des innovations et des idées concernant le développement durable. En plus de ses numéros réguliers semestriels, la Revue publie des billets de blogue et organise des rencontres, telles que son Colloque sur les enjeux juridiques en région arctique (voir ci-dessus), qui s’est tenu en 2014.

Morris Fish, un diplômé de McGill à la Cour suprême du Canada

 

Le juge Morris Fish (B.C.L. 1962 et LL. D. 2001) s’est distingué dans divers rôles dans le milieu juridique. Il a pratiqué le droit pénal pendant 25 ans et a été professeur auxiliaire dans trois facultés de droit, notamment à la Faculté de droit de l’Université McGill. Il a été nommé juge à la Cour d’appel en 1989, puis à la Cour suprême du Canada en 2003. Le juge Fish est conseiller de la reine et compagnon de l’Ordre du Canada. Il est toujours actif à McGill en tant que membre du Conseil consultatif international de la principale. Réputé pour ses talents d’auteur et défenseur inébranlable des libertés civiles, l’hon. Morris Fish se dit satisfait de son parcours : « Aucune profession n’aurait pu me procurer un sentiment de satisfaction ou d’accomplissement aussi grand que la profession juridique. »
Le juge Fish a fait ses études de premier, deuxième et troisième cycles à McGill. Comme étudiant, il a réalisé des travaux sous la direction du professeur F. R. Scott. Ses recherches portaient sur la question de l’obscénité dans la célèbre affaire de L’Amant de Lady Chatterley. Excellent étudiant, il a obtenu son diplôme avec mention « première classe » en plus de nombreux autres prix universitaires. Il a impressionné Joseph Cohen, le praticien qui lui a enseigné le droit pénal et a été recruté dans son cabinet. « J’ai une foule de merveilleux souvenirs de mes études à McGill; voilà qui résume tout. Je suis reconnaissant des occasions qu’on m’a donné », note le juge Fish, également lauréat de la Médaille du 125e anniversaire de la Confédération du Canada et de la Médaille du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II. En 2001, l’Université McGill lui a décerné un doctorat en droit honoris causa.

Des diplômé.e.s en droit de McGill fondent des cliniques d’aide juridique

 

Indispensables pour garantir l’accès à la justice, les cliniques d’aide juridique fournissent des services essentiels à ceux et celles qui sont dans le besoin. La clinique juridique du Mile-End a été fondée en 2002, quand l’hon. Geeta Narang (B.C.L. 2000) s’est associée à la Mission communautaire Mile-End pour offrir des consultations gratuites afin de faciliter l’accès à la justice. La clinique possède aujourd’hui des points de service supplémentaires, soit la clinique juridique de Parc-Extension et la clinique juridique Tyndale St-Georges. Pour sa contribution importante au service de la collectivité, l’hon. Geeta Narang a reçu le prix « avocate bénévole de l’année » de l’Association du Jeune Barreau de Montréal ainsi que la Médaille Saint-Yves et la Médaille du jubilé de diamant. Elle a été chargée de cours à temps partiel à la Faculté de droit, où elle a donné les cours Judicial Institutions and Civil Procedure et Law and Poverty. En 2020, elle a été nommée juge de la Cour supérieure du Québec.

Colin Irving (B.C.L. 1958) a travaillé bénévolement à la clinique juridique du Mile-End pendant trois ans avant de fonder la Clinique juridique Tyndale St-Georges. Il s’est fait connaître durant sa longue carrière pour son bénévolat. Il a reçu la Médaille Saint-Yves pour l’ensemble de sa contribution. Son travail a apporté des améliorations profondes dans les cliniques. Comme l’a fait remarquer la juge Narang : « Il a donné à notre humble projet son temps, son amour et ses ressources, de sorte que nous puissions devenir aussi grands et extraordinaires que lui ».

Les professeures Adelle Blackett et Nandini Ramanujam, pionnières de la diversité à la Faculté

Quand la Faculté l’a engagée en 2000, la professeure Adelle Blackett (B.C.L. et LL. B. 1994) est devenue la première professeure de couleur à la Faculté de droit. Elle était aussi la première personne noire née au Canada engagée pour enseigner à l’Université McGill depuis les années 1850. L’un des premiers impacts que la professeure Blackett a eu sur la faculté est survenu lorsqu’elle a introduit son module Critical Race Theory au cours de première année sur les fondations du droit canadien et qui en fait partie intégrale aujourd’hui. Spécialiste réputée du droit du travail, en droit du travail transnational et en réglementation du travail ménager, la professeure Blackett a occupé plusieurs postes importants dans ces domaines d’expertise, notamment au Bureau international du Travail de Genève. Elle a également été commissaire de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec pendant sept ans. En 2014, le Barreau du Québec lui a décerné la distinction Avocate émérite (Ad. E.). En 2015, soit la même année où elle est confirmée professeure titulaire à la Faculté, Adelle Blackett s’est vu décernée le prix Pathfinder par l’Association des avocats noirs du Canada pour l’importance de sa contribution à la profession juridique et à l’ensemble de la société. En 2020, l’Université McGill lui a décerné le Prix de la Principale d’excellence en enseignement.

Avant son arrivée à la Faculté de droit de McGill en 2006, la professeure Nandini Ramanujam s’est dévouée à la réforme du système d’éducation supérieure des pays de l’ex-bloc soviétique, notamment à l’Université d’Asie centrale Aga Khan et au Collège Smolny de Saint-Pétersbourg. La professeure Ramanujam, qui s’est épanouie à la Faculté, est restée profondément dévouée à la cause des droits de la personne, en tant que co-directrice générale et directrice des programmes du Centre des droits de la personne et de pluralisme juridique et en tant que directrice du Programme international des stagiaires pour les droits de l’homme. Les professeures Ramanujam et Blackett ont inspiré des personnes de couleur en décrochant des postes importants et des postes de direction dans le domaine universitaire juridique.

Irwin Cotler nommé ministre de la Justice

 

Irwin Cotler (B.C.L. 1964 et LL. D. 2019) est surtout connu pour ses contributions exceptionnelles dans le domaine des droits de la personne en tant que chercheur et avocat, ainsi que pour son mandat de ministre de la Justice et Procureur général du Canada, de 2003 à 2006. Me Cotler a été député de la circonscription de Mont-Royal (à Montréal) de 1999 à 2015. Il a aussi été professeur de droit à McGill de 1973 à 1999, et il est membre de longue date du Centre sur les droits de la personne et le pluralisme juridique de la Faculté de droit de McGill. Il est l’actuel président du Centre pour les droits de la personne Raoul Wallenberg, dont il est directeur fondateur. Au fil de sa carrière, Irwin Cotler a représenté à de nombreuses reprises des causes célèbres, notamment Nelson Mandela, Jacobo Timerman, Andrei Sakharov, Saad Eddin Ibrahim et Natan Sharansky. Dans un article à son sujet paru en 1986, la revue Maclean’s le décrivait comme « l’avocat des opprimés ».

Irwin Cotler était et demeure un ardent défenseur des libertés civiles et des droits de la personne. En 1979, dans une affaire qui a fait grand bruit, il s’est fait expulser de l’Union soviétique pour avoir défendu Natan Sharansky, prisonnier politique à l’époque. C’est sans doute pourquoi Me Cotler a été l’un des 13 Canadiens bannis de la Russie en 2014. Interrogé sur sa présence sur cette liste noire, il a répondu en ces termes sur son compte Twitter : « En ce qui me concerne, mon interdiction de séjour en Russie est un badge d’honneur plutôt qu’une marque d’ostracisme. » L’image ci-dessus le montre prenant la parole lors d’une manifestation des Juifs soviétiques en 1985. Durant son mandat comme ministre de la Justice, Me Cotler a multiplié les réformes et les lois de portée majeure, notamment la toute première loi sur la traite des personnes, la législation pour le mariage homosexuel et l’annulation de plus de condamnations injustifiées en un an que tout ministre précédent. Il a aussi instauré des réformes majeures dans le processus de nominations à la Cour suprême du Canada et a accru la diversité des magistratures à travers pays. En 2019, la Faculté de droit de l’Université McGill lui a décerné un doctorat en droit honoris causa. Enfin, il est Officier de l’Ordre du Canada et de l’Ordre national du Québec.

Fondation de l’Association des étudiants noirs en droit de McGill

 

Fondée en 2006, l’Association des étudiant.e.s noirs en droit de McGill est la plus ancienne section de l’Association des étudiant.e.s noir.e.s en droit du Canada. Elle a pour mission de « faire valoir les besoins et les intérêts des étudiant.e.s noir.e.s en droit auprès du public et des professionnel.le.s du droit », ainsi que « d’établir un dialogue avec la communauté afin de favoriser l’accès aux études en droit pour les personnes qui s’identifient comme noires ou Afro-canadiennes ». L’une des plus grandes initiatives promotionnelles communautaires de l’Association des étudiant.e.s noir.e.s en droit de McGill est la campagne « Imaginez-vous ici », durant laquelle sont révisées les demandes d’admission à la Faculté de droit de l’Université McGill faites par des personnes noires.

Anthony Morgan (B.C.L./LL. B. 2012) (ci-dessus) est avocat spécialisé en droits de la personne et en libertés civiles chez Falconers LLP, où il se concentre sur les affaires de droits de la personne dans une optique antiraciste et intersectionnelle. Il se spécialise aussi dans la lutte contre le racisme anti-noir dans les services policiers et dans le système de justice pénale. En 2011, il a fait les manchettes lorsqu’il a déposé une plainte auprès de la Commission des droits de la personne du Québec après avoir filmé des étudiant.e.s blanc.he.s de l’École des hautes études commerciales (HEC) de l’Université de Montréal qui, durant la semaine d’accueil, tentaient d’imiter des personnes de race noire à l’aide de maquillage facial et chantaient et qui parodiaient l’accent jamaïcain. Me Morgan a plaidé ses causes à la Cour suprême du Canada et devant des comités des droits de la personne de l’ONU.

Les étudiants en droit de McGill se démarquent aux concours de plaidoirie

 

L’histoire démontre que la Faculté de droit de l’Université McGill forme des gagnant.e.s lorsqu’il s’agit de concours de plaidoirie. En 1999, la Faculté a connu une année exceptionnelle, remportant le premier prix de chaque concours national de plaidoirie. Commentant cet exploit, Stephen Toope, le doyen de l’époque a déclaré : « Je ne pense pas que ça soit déjà arrivé dans une autre faculté de droit au Canada… C’est une performance spectaculaire! » Cette année-là, la Faculté s’est classée première à la Coupe Gale, au Tribunal-École Wilson, au Concours de plaidoirie Laskin et au Concours Charles-Rousseau, et a terminé ex æquo avec l’Université de Montréal lors du Concours Mignault – sans oublier sa deuxième place au Concours de plaidoirie en droit international Philip C. Jessup. Trois ans plus tôt, des étudiant.e.s de la Faculté avaient montré leur savoir-faire sur la scène internationale en remportant le Concours Rousseau à Bruxelles, ainsi qu’une « super finale » à la Cour internationale de Justice de La Haye.

Aujourd’hui, les équipes de concours de plaidoirie de la Faculté restent de redoutables adversaires. Les étudiant.e.s ont la possibilité de participer à au moins 15 compétitions au niveau national et international chaque année. Il existe aussi des concours de plaidoirie non compétitifs en classe, notamment dans le cadre du cours Talmudic Law, du cours Trial Advocacy et du Tribunal-École Shakespeare.

Le bénévolat des étudiants de droit dans la communauté montréalaise

 

Les années 2000 voient une explosion du nombre de clubs à la Faculté de droit de l’Université McGill, qui en compte aujourd’hui plus d’une quarantaine. Les étudiant.e.s ont démontré leur désir non seulement de collaborer et d’acquérir une expérience pratique, mais aussi de faire une réelle différence dans leurs communautés. La section de McGill du Réseau national d’étudiant(e)s pro bono a été fondée en 2000. Travaillant avec plus de 30 organisations communautaires à Montréal, McGill Pro Bono est un organisme étudiant qui établit des ponts entre les étudiant.e.s en droit de l’Université et les organismes ayant besoin de bénévoles. Près de 100 étudiant.e.s se portent bénévoles chaque année afin d’aider les groupes marginalisés, dont les immigrants, les réfugiés et les familles à faible revenu.
Innocence McGill a vu le jour en 2005; c’est l’une des nombreux chapitres canadiens du Projet Innocence, qui a comme mission d’innocenter les victimes d’erreurs judiciaires. Innocence McGill étudie des dizaines de dossiers chaque année et organise des colloques annuels. En 2019, l’organisme a tenu une conférence sur les obstacles additionnels auxquels sont confrontés des personnes autochtones incarcérées lorsque celles-ci font une demande d’exonération.

Le programme L.E.X. (Law-Éducation-Connexion) a été fondé en 2006 à l’Université McGill. Ce programme envoie des étudiant.e.s bénévoles de la Faculté dans des milieux où le taux de décrochage est particulièrement élevé. Ces étudiant.e.s cherchent à susciter l’intérêt pour les études postsecondaires, dont celles du droit, dans les écoles secondaires partenaires. Les bénévoles L.E.X. donnent des présentations sur des questions juridiques et parlent de leurs expériences , encourageant les élèves à envisager ce domaine d’études. De plus, la Faculté organise des journées portes ouvertes où les élèves du secondaire sont invité.e.s à visiter la Faculté pour se familiariser avec la vie étudiante dans le domaine du droit et pour participer à des ateliers ainsi qu’à un procès simulé.

David Johnston : de gouverneur de l’Université McGill à gouverneur du Canada

 

Le 21 octobre 2010, l’honorable David Johnston est devenu le 28e gouverneur général du Canada. Sa devise, contemplare meliora (envisager un monde meilleur), résume son mandat de sept ans; elle reflète sa conviction selon laquelle tous les Canadiens et Canadiennes peuvent imaginer et créer un pays plus éclairé et soucieux du facteur humain et ainsi contribuer à réaliser d’un monde plus juste. Pour y arriver, David Johnston a établi la Fondation Rideau Hall, un organisme de bienfaisance qui, en collaboration avec le gouverneur général, s’emploie à favoriser le leadership, l’éducation, la philanthropie et l’innovation. Avant de devenir gouverneur général, David Johnston a enseigné à la Faculté de droit de 1994 à 1999, après avoir été principal et vice-chancelier de l’Université McGill de 1979 à 1994.

L’honorable David Johnston a été l’inspiration d’un personnage dans le livre à succès d’Erich Segal, Love Story, paru en 1970. Erich Segal a basé son personnage Davey, capitaine de l’équipe de hockey, sur nul autre que David Johnston. En effet, ce dernier a été capitaine de la formation de hockey de l’Université de Harvard, alors qu’il y faisait son baccalauréat ès arts; c’est là qu’il s’est lié d’amitié avec M. Segal. Fait intéressant, David Johnston prévoyait initialement devenir hockeyeur dans la Ligue Nationale de Hockey, mais il a refusé une invitation au camp d’entraînement des Bruins de Boston, préférant entreprendre un droit (baccalauréat spécialisé) au Trinity Hall de Cambridge.

Patrick Glenn publie Legal Traditions of the World

 

Considéré depuis plusieurs décennies comme une sommité du droit comparé, le professeur Patrick Glenn publié en 2000 son ouvrage de référence sur le droit comparé. Intitulée Legal Traditions of the World, son ouvrage analyse sept traditions juridiques en profondeur. Le professeur Thomas Carbonneau, de l’Université de Pennsylvanie, a conclu à l’issue de son analyse de l’ouvrage que celui-ci « devrait avoir une influence considérable, voire énorme sur les méthodes d’enseignement et les pratiques du droit comparé. C’est exactement le livre qu’il fallait écrire pour aider les juristes et étudiant.e.s juristes contemporains à se libérer de la froide taxonomie que l’on applique dans les approches traditionnelles d’analyse et de débat en droit comparé. »

Son ouvrage Legal Traditions of the World a reçu le Prix canadien de l’Académie internationale du droit comparé en 1998. Ce prix est décerné en reconnaissance d’un « ouvrage juridique original, rédigé en anglais ou en français, dans lequel les systèmes de common law et de droit civil font l’objet d’une analyse comparative critique dans la sphère du droit privé ou public ». La cinquième édition de l’ouvrage est parue en août 2014.

Auteur d’une dizaine de livres et de 200 articles, le professeur Glenn a exercé une influence indiscutable dans le domaine du droit comparé. En 2010, il a été chercheur invité au Collège All Souls d’Oxford et titulaire de la Chaire de recherche Henry G. Schermers à l’Institut d’internationalisation du droit de La Haye et à l’Institut des hautes études des Pays-Bas. En 2012, la présidence de l’Association américaine de droit comparé lui a été confiée, et il est alors devenu la première personne nommée à ce poste née à l’extérieur des États-Unis. Après son décès en 2014, la division québécoise de l’Association du Barreau canadien lui a décerné la Médaille PaulAndré Crépeau à titre posthume.

Hanson Hosein, diplômé de la Faculté de droit de McGill, remporte un Emmy en journalisme

 

En 1999, le correspondant de guerre Hanson Hosein (LL. B. 1992 et B.C.L. 1993) a remporté un prix Emmy ainsi que le prix de l’Overseas Press Club pour son reportage intitulé The Fall of Kosovo. Hanson Hosein est cinéaste, auteur et président fondateur de HRH Media, une entreprise cinématographique qui a travaillé avec plusieurs sociétés classées au palmarès Fortune 500. Par ailleurs, il travaille à l’Université de Washington comme directeur du programme de maîtrise en leadership des communications. Un ancien camarade de classe se souvient qu’« Hanson a déjà dit très clairement qu’il ne pratiquerait jamais le droit ». Hanson Hosein a certainement démontré que les études à la Faculté de droit de l’Université McGill peuvent être un tremplin vers toutes sortes de parcours inédits.

L’image ci-dessus (à droite) montre Hanson Hosein près de Jérusalem en 2001, alors qu’il était correspondant de guerre. Il travaillé pour NBC pendant quatre ans comme directeur de la production au Moyen-Orient et correspondant pour MSNBC.com.